Septembre 2009
Richard Emeyriat / Emmanuel Challet / Laurent Giraud / Tammouz Eñaut Helou (ETF Aquitaine) / Christophe Prince (Interbois Périgord) / Stéphanie Robert (Interbois Périgord)
Parc 2008 de matériels d'exploitation forestière en Aquitaine : vers la maturité ?
La décennie 2000 est une période de forte mutation du parc de machines de bûcheronnage en Aquitaine. Cet article présente les résultats d'un travail d'inventaire du parc de matériels de bûcheronnage et de débardage présents en Aquitaine en 2008. Ce projet a été réalisé grâce au soutien financier du ministère de le l'Agriculture et de la Pêche et de la Région Aquitaine.
Les investissements réalisés en Aquitaine suite à la tempête de 1999 ont contribué à un fort développement du parc, grâce à l’achat de machines à forte capacité pour exploiter les chablis. A partir de 2004, l’activité s’est réorientée vers l’exploitation de peuplements sur pied. Les investissements se sont poursuivis et le parc de machines continue à progresser et à se diversifier. L’inventaire, mené en 2008 par FCBA, ETF Aquitaine et Interbois Périgord, avec le soutien de la DRAAF Aquitaine et du Conseil régional d’Aquitaine, révèle un tournant dans le développement des entreprises d’exploitation forestière.
Le parc de matériel de débardage se spécialise de plus en plus en Aquitaine.
En 2008, l’Aquitaine est dotée d’un parc de 256 machines de bûcheronnage
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Une forte progression du parc de machines de bûcheronnage depuis 2004
En 2008, l’Aquitaine représente un parc de 256 machines de bûcheronnage possédées par 145 entreprises. L’effectif a progressé de 25 % entre 2004 et 2008, ce qui est considérable. Seuls deux des trois massifs forestiers aquitains sont concernés par le bûcheronnage mécanisé :
– la Dordogne, avec 32 machines détenues par 29 entreprises, soit quasiment une machine par entreprise,
– le massif forestier des Landes de Gascogne, avec 224 machines détenues par 116 entreprises, soit presque deux machines par entreprise.
Bien que l’évolution des technologies permette l’évolution de machines de bûcheronnage dans de fortes pentes, le troisième massif constitué par les Pyrénées ne compte pas d’entreprise équipée de ce type d’engin.
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Le taux de mécanisation du bûcheronnage arrive à son maximum dans les Landes de Gascogne
Le taux de mécanisation est calculé en faisant le rapport entre la capacité potentielle de production des machines de bûcheronnage et le volume potentiellement exploitable (la disponibilité). L’inventaire du parc mené en 2004 avait montré que le taux de mécanisation du bûcheronnage des coupes de bois moyens (éclaircies 3-4-5) arrivait près du maximum. En 2008, ce taux est également à son maximum dans la gamme des petits bois et des gros bois. Globalement, avec un potentiel de 85 % des volumes mécanisables, l’interprofession considère que le parc de machines de bûcheronnage est maintenant parvenu à son maximum dans les Landes de Gascogne. Les années à venir verront donc une évolution plutôt qualitative du parc de machines en fonction des besoins, et principalement pour adapter les moyens à l’exploitation des chablis de la tempête Klaus de janvier 2009. Les marques les plus représentées sont John Deere et Ponsse, suivies de Sifor, Sogedep et Valmet.
Un parc d’engins de débardage en cours de spécialisation
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Effectif recensé par massif forestier
Les moyens de débardage recensés en Dordogne et dans le massif des Landes de Gascogne sont principalement des porteurs forestiers et des tracteurs agricoles équipés de grues et de remorques forestières. Dans ces deux massifs, le système d’exploitation par bois courts domine largement, en raison des conditions de terrain et de la demande des utilisateurs des bois ronds essentiellement tournée vers les courtes longueurs (entre 2 et 5 m). Les débusqueurs sont majoritaires dans le massif pyrénéen. Ils sont adaptés au débardage des bois en zone de montagne.
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Une tendance au développement des porteurs
Depuis le début des années 2000, la tendance est au développement des porteurs. En 1998, les tracteurs agricoles équipés forêt représentaient plus de la moitié des matériels de débardage dans les Landes de Gascogne. En 2008, ils ne représentent plus qu’un tiers des effectifs. Les deux tiers restants sont des porteurs. Parmi ceux-ci, les porteurs de grosse capacité (charge utile supérieure à 14 tonnes) ont plus que doublé leurs effectifs sur la période, passant d’une cinquantaine d’engins en 1998 à une centaine en 2008. Les effectifs de porteurs de capacité moyenne (charge utile entre 8 et 13 tonnes) ont également progressé, mais de façon plus modeste. Les marques de porteurs les plus répandues sont Sogedep et John Deere, suivies de Valmet et Ponsse. 51% des porteurs sont des 6x6 et 46% des 8x8. Les porteurs 4x4 sont des engins âgés (plus de 5 ans). En Dordogne, les tendances sont les mêmes.
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Type d’engin |
Landes de Gascogne |
Dordogne |
Pyrénées |
Total |
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Porteurs |
215 |
38 |
4 |
257 |
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Tracteurs |
109 |
28 |
8 |
145 |
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Débusqueurs |
18 |
8 |
20 |
46 |
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Total |
342 |
74 |
32 |
448 |
Effectif d’engins de débardage recensé en 2008 en Aquitaine
En Aquitaine, 85% des entreprises mécanisées sont des entrepreneurs de travaux forestiers
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Un fort développement des entrepreneurs
En 2008, 321 entreprises détenant des moyens de bûcheronnage mécanisé et/ou de débardage ont été recensées. 14 % d’entre elles sont spécialisées en abattage mécanisé, 55 % en débardage et 31 % sont en mesure de réaliser à la fois le bûcheronnage et le débardage.
Sur 321 entreprises, on dénombre 275 entrepreneurs de travaux forestiers (85 %). Les autres entreprises sont majoritairement des exploitants forestiers, des sociétés d’approvisionnement, des coopératives et des scieurs. Les entrepreneurs détiennent 78 % du parc de matériel. Parmi les entrepreneurs, on constate une progression régulière du statut de société commerciale (SARL, EURL) au détriment du statut d’entreprise individuelle. En 2008, 50 % des entrepreneurs ont la forme de société.
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Des entreprises de petite taille
L’effectif salarié des entreprises montre que celles-ci sont de petite taille, avec une moyenne de 3,5 salariés par entreprise mécanisée. 43 % des entreprises recensées n’ont pas de salarié. Une grande différence de taille est constatée entre les entrepreneurs de travaux forestiers, qui ont en moyenne 1,5 salarié et les autres types d’entreprises qui comptent 15 salariés. Les premières ont en général pour unique activité la prestation de service en bûcheronnage et/ou en débardage, tandis que les secondes intègrent d’autres activités, le plus souvent l’achat et la vente de bois (exploitants forestiers) et le sciage (exploitants-scieurs).
Des marges de progrès subsistent dans les entreprises
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La mécanisation du bûcheronnage des feuillus : une étape incontournable du développement du parc de machines de bûcheronnage en Dordogne
En Dordogne, le taux de mécanisation du bûcheronnage est plus réduit. Les types de coupes à exploiter expliquent cette différence. Sur un parc de 32 machines, une vingtaine travaillent principalement dans les feuillus. Des difficultés économiques et techniques rendent difficiles le développement de la mécanisation du bûcheronnage des feuillus en Dordogne. L’ensemble des machines travaillant dans les feuillus comprend des engins conçus pour façonner des résineux et donc peu adaptés aux spécificités du bûcheronnage des feuillus. Un travail d’accompagnement du développement de la mécanisation des feuillus est mené depuis plusieurs années par FCBA afin d’aider les professionnels à identifier des voies de développement. La présence d'un besoin industriel de bois constitue un moteur de développement et les besoins de récolte d'autres produits forestiers (rémanents de coupe, souches, bois dépérissants...) devraient engendrer, dans les années à venir, une poursuite de la mécanisation.
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Seule une entreprise sur cinq travaille dans un rayon inférieur à 30 km de sa base
Environ une entreprise sur cinq opère dans un rayon de moins de 30 km, et ceci quel que soit le massif dans lequel elle travaille. En revanche, la moitié des entreprises doivent rayonner à 60 km de leurs bases dans les Landes de Gascogne et en Dordogne tandis que dans les Pyrénées, leur rayon d’action peut atteindre 100 km. Si l’on considère d’une part la densité forestière des massifs des Landes de Gascogne et de la Dordogne, d’autre part la petite taille des entreprises, des voies de progrès et d’amélioration existent avec la réduction des rayons d’action.
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Une informatisation de la gestion encore modeste
Près de 60 % des entrepreneurs de travaux forestiers sont équipés d’ordinateurs connectés à Internet, ce qui leur permet de traiter et d’échanger des informations sous forme numérique. C’est le cas de 75 % des exploitants et scieurs qui disposent de matériels d’exploitation forestière. Bien que la majorité des entreprises soit équipées de moyens informatiques, une minorité d’entre elles utilisent un logiciel de comptabilité (20 % des entrepreneurs, 40 % des exploitants et scieurs). L’utilisation de logiciels de gestion de production reste exceptionnelle (moins de 5 % des entreprises interrogées). De réelles marges de progression existent donc pour ces entreprises dans le domaine de la gestion informatisée de leur activité.
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La formation : un atout de développement encore peu utilisé par les entreprises équipées de matériels pourtant sophistiqués
La formation préoccupe peu les chefs d’entreprises équipés de matériels d’exploitation. Moins de 10 % d’entre eux estiment avoir des besoins de formation alors que près de 20 % affirment avoir formé leur personnel ces dernières années. Il y a encore des progrès à faire au niveau de l’identification des besoins et de l’offre en formation dans ces très petites entreprises.
Les compétences des conducteurs de machines :
un atout majeur pour les entreprises d’exploitation forestière
Des performances techniques à traduire en performances économiques
L’enquête réalisée en 2008 montre l’évolution rapide de l’équipement des entreprises en moyens de bûcheronnage et de débardage performants en Aquitaine. Cette mutation technologique se traduit par des effets significatifs sur le fonctionnement des entreprises. L’enjeu majeur pour celles-ci est donc de transformer les performances techniques apportées par ces nouveaux moyens en performances économiques. Cet enjeu passe par une évolution de l’ensemble des fonctions de ces petites entreprises : personnel, gestion, finance, relation clients, maintenance des équipements, organisation de la production, etc. Une étude a été engagée en 2009 sur ce point en partenariat avec l’Association ETF Aquitaine. Elle a pour objectif d’identifier les facteurs clés de succès des entrepreneurs de travaux forestiers équipés de machines de bûcheronnage. Elle se traduira par la définition de plans d’action visant à accompagner les entrepreneurs dans le développement de leurs projets et dans leur contribution à l’amélioration de la valeur ajoutée apportée par les opérations d’exploitation forestière.
Richard Emeyriat, Emmanuel Challet, Laurent Giraud (FCBA)
Tammouz Eñaut Helou (ETF Aquitaine)
Christophe Prince, Stéphanie Robert (Interbois Périgord)
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